Le cabinet de voyance - 2010

L’acte de voyance répond il au souhait de Ginsberg de la nécessité d’aller « vers la transformation de soi par l’art ? » Exposer la voyance, c’est exposer notre vie, l’écoulement à venir d’un temps personnel ainsi que le sentiment d’exister. Dans la voyance, le regardeur est regardé, et cependant c’est lui qui contribue à faire le « tableau », mais aussi celui qui (le) sera. C’est l’acte de voyance qui consacre la personne comme tableau vivant à venir d’elle-même. Proust nous rappelle que: « Le temps est un artiste qui travaille très lentement ».
Un échange a lieu entre deux personnes, l’une qui a décidé de s’exposer et l’autre, Judith Kazmierczak qui a bien voulu, en tant qu’assistante, apporter sa contribution active dans cette action. Le support et l’intermédiaire de ce jeu de rencontre est le traditionnel Yi King, le plus vieux livre divinatoire, le Livre des Changements, texte fondateur de la civilisation chinoise. Un échange s’instaure qui permet au consultant de trouver lui-même la réponse à la question qu’il s’est posée.
Il s’agit de questionner l’acte de voyance et nous le considérons ici comme un opérateur esthétique, où un savoir invisible du passé, du présent et du futur potentiel circule par le biais des symboles et du langage, dans l’impermanence, c'est-à-dire comme une métaphore esthétique du jeu existentiel.
Par cette action, une galerie expose non seulement des objets, des personnes et de l’espace mais aussi une parcelle de l’écoulement du temps, donc une certaine conscience d’exister. Le seul paiement possible de cet échange ne peut être que symbolique, car toute transaction avec le temps ne peut être réglée que par de la monnaie de l’absolu.