Chronologie

1969-1970

Interventions dans la rue (à partir de 1969)
Questionnements et dialogues avec les passants à partir de séries d’objets, comme des dés à jouer, des cordes à sauter ou des pièges à rats, leur grandeur partant des dimensions habituelles de la réalité pour aller jusqu’à près de deux mètres.

Progressions (1969-1970)
Plans, concepts, projets, objets, matérialisations, photos…

Envois postaux (à partir de 1970)
Constats d’existence
Expédition de « Constats » ou de questionnements, à 300 personnes extérieures au milieu spécialisé de l’art, appartenant à toutes les catégories socioprofessionnelles, avec l’utilisation statistique de tables de nombres au hasard.


« En adressant un message à des destinataires anonymes, Thenot indiquait la nature de la communication qu’il entendait établir. Isolé de tout contexte et de toute référence, ce message, en demeurant incompréhensible pour celui qui le recevait, restait dans la perspective de l’énigme et acquérait une portée réellement questionnante. C’est cette ambiguïté au niveau du décryptage qui a intéressé Thenot dans la mesure où elle lui a permis de mettre en évidence les différents niveaux de lecture que suscite un même texte, selon qu’il est identifié ou non en tant que fait artistique »
Anne Tronche, L’art actuel en France, Paris, Balland, 1973.




1971-1972

Concours (1971-1972)
Application du processus de progression à des concours réalisés dans le cadre d’évènements où le public peut s’exprimer librement, en exprimant ses souhaits et ses désirs.
Premier concours des progressions, Biennale de Paris, 1971.
Vidéo Concours, Galerie Yellow Now, Liège,1971.
Sondage-Concours sur la Création artistique en France, Galerie Yvon Lambert, Paris, 1972.

Institut International d’Arthérapie (1972)
« Recyclage de l’imaginaire ». Parodie artistique et bureaucratique : prescriptions, expérimentations, médicaments, œuvres à réaliser soi-même…

Début des enquêtes interactives (1972)
Interventions réalisées avec des questions marginales et très ouvertes, que ne posent jamais les instituts de sondage, auprès d’échantillons représentatifs de la population. Il est demandé de s’identifier ou de refuser de s’identifier à des catégories diverses : plante, animal, partie du corps, objet…
Catégories d’identifications, 1972 . Galerie Space 640, St Jeannet 1973.


« Jean-Paul Thenot est l'un des premiers créateurs de l'art sociologique, un de ceux qui, vers la fin des années soixante, ont repensé l'art hors du concept rétinien, à son niveau fondamental. En cela il était aussi un des premiers à rejoindre l'esprit de Duchamp. »
François Pluchart « Lecture de Jean-Paul Thenot » Postface à Cent Lectures de Marcel Duchamp, 1978.




1973-1974

Interventions et enquêtes interactives
Interventions réalisées auprès d’échantillons représentatifs de la population, sous forme d’expérimentations. Envoi des résultats à tous les participants et expositions dans des espaces artistiques. Par exemple :
La couleur, Galerie Mathias Fels, Paris, 1974, Musée Galliera, 1975.
La cote des œuvres Galerie Germain, Paris, 1975, Musée Galliera, 1975.
Les matériaux, Galerie Mathias Fels, Paris, 1975.

Fondation du Collectif d’Art Sociologique (1974)
Hervé Fischer, Fred Forest et Jean-Paul Thenot fondent le Collectif d’art sociologique.
Le premier Manifeste de l’art sociologique est publié dans Le Monde, 10 octobre 1974.

Cent lectures de Marcel Duchamp (1974)
Cent personnes extérieures au milieu de l’art proposent leur lecture de certaines œuvres de Marcel Duchamp, ainsi que les titres qui les soutiennent ou les transforment.
Publication chez Yellow Now, Liège, Belgique 1978, Edition revue et augmentée, 2006.
Alberta College of Art Gallery, Calgary, Canada, 1979
Exposition et conférence Galerie S :t Petri, Université de Lund Suède, 1980.


« Les enquêtes de Jean-Paul Thenot m’intéressent en ce sens qu’elles constituent une tentative pour briser l’institution actuelle du sondage. Celle-ci consiste à demander aux gens de quantifier l’avenir et d’annoncer l’imprévisible. Troubler cette institution, cela peut conduire à de nouvelles zones de la conscience où les personnes interrogées vont penser à des questions dont elles n’avaient aucune idée auparavant. »
Jean Duvignaud « L’art sociologique et sa fonction de provocation », Catalogue Musée Galliera, Paris, 1975.




1975-1976

Collectif Art Sociologique (jusqu’en 1981)
Co-fondation avec Hervé Fischer et Fred Forest de «  L’Ecole Sociologique Interrogative ».
Manifestes 2, 3, 4 … Actions diverses…
Organisation d’expositions : Institut français de Cologne, ICC d’Anvers, Galerie Wspolczesna, Varsovie, Musée Galliera Paris, Musées d’art moderne de Rio, de Sao-Paulo …

Botmeur, village de Bretagne (1976)
Réalisation avec Janine Manant, d’enregistrements vidéo qui sont immédiatement rediffusés aux habitants d’un petit village de Bretagne. Grâce à la mise à distance que permet la vidéo, chacun peut se voir et s’entendre, face à ses propres gestes et son propre discours.
A travers les comportements de la vie quotidienne, la lessive, le passage du facteur, les récits, la préparation du repas, le feu qu’on allume dans la cheminée, la nourriture que l’on donne aux animaux, la cigarette qu’on roule, apparaissent également les craintes et les souffrances liées à la disparition d’une culture.

37°Biennale de Venise


« En fait ce qui obsède le « Collectif Art Sociologique », c’est de libérer le langage en dehors de toute valeur marchande, de détourner ce qui se donne en spectacle et de le transformer en un moment de la vie, un moment de poésie, de faire en sorte que la communication entre les hommes devienne possible et réelle, d’envahir le quotidien des produits de l’imagination et de la création, de révéler l’art dans ce quotidien, en dehors des institutions et des systèmes dominants. »
Tahar Ben Jelloun, Le Monde, Paris, « Les limites de la dérision », 28 juillet 1975.




1977-1978

Ecole Sociologique Interrogative
La pratique artistique n’a pas seulement consisté à réaliser des interventions, à présenter des œuvres ou à écrire des textes, mais également à faire intervenir des praticiens et des intellectuels, dans le contexte de cette Ecole sociologique interrogative : entre autres Paul Virilio, Abraham Moles, Pierre Restany, Vilem Flusser, Edgar Morin, René Lourau, Henri Lefèvre ou René Thom…


Nous sommes tous des écrivains (1978)
Jean-Paul Thenot et Jean-Pierre Giovanelli ont proposé aux visiteurs du Festival International du Livre de Nice d’être les co-auteurs et les co-propriétaires d’un livre écrit, réalisé, imprimé et dédicacé sur place pendant ce Festival. Parallèlement à ce travail d’écriture (mot) un autre livre (image) était réalisé à la vidéo auprès des écrivains de métier présents au Festival pour signer ou dédicacer leur livre.
Ce travail a recréé toutes les étapes de la réalisation d’un livre, préfigurant toutes les actions de télé réalité ainsi que les démarches relationnelles ou participatives ultérieures...


« L’art sociologique, ce n’est pas de la sociologie de l’art. C’est plutôt l’art de faire des miracles, l’art de la subversion, l’art de provoquer des prises de conscience. C’est l’art de créer des jeux de mots sociologiques, l’art de l’animation sociale, celui de la mise en place d’actes socio-disrupteurs. C’est l’art des maîtres zen et celui de la publicité moderne appliqués à l’intervention sociologique et à la production de données qualitatives ».
Blaise Galland, Art sociologique, sociologie esthétique, Georg, Genève, 1987.




1979-1980

Art étalon et conserves culturelles (1980)
Parodie critique de la culture et du marché de l’art.

Série d’entretiens, en demandant à des personnes quel est, à leur avis, l’artiste le plus représentatif et capable de servir de valeur étalon. Il est proposé de déposer cet art étalon dans un endroit protégé, à l’abri de toutes les pollutions naturelles et chimiques et les agressions de toutes sortes, dans un lieu de silence, c'est-à-dire le musée.    
A partir de ces modèles, des copies de ces art-étalon peuvent être réalisées et mises à la disposition de tous dans des super marchés sous forme de conserves culturelles.


« Considérés comme révélateurs des manipulations muséales, les travaux de Daniel Buren et de Hans Haacke sont exemplaires. Pourtant un autre pas a été franchi qui nous conduit hors de l’exclusivité muséale. Cette démarche qui peut être comprise comme une intervention dans le champ artistique, consciemment libérée des pressions institutionnelles et en particulier de celles du musée, c’est celle de l’art sociologique ».
Jaqueline Fry, in « Le musée dans quelques œuvres récentes », in Parachute, n° 24, Montréal, 1981.




1981- 1982

Hommage aux artistes inconnus (1981)
Réalisation d’un monument commémoratif et symbolique, effectué à partir de projets, dessins, documents.
Il a été proposé à toute personne, artiste ou non artiste, d’adresser un projet, dessin ou document susceptible de contribuer à cette réalisation.
Cette œuvre unique dans son intention et dans son déroulement impliquait : un certificat de participation dûment tamponné et signé, remis à chaque participant, un bulletin d’information expédié aux intervenants, créant un lien de communication et informant sur l’évolution du projet, ainsi que des expositions organisées dans différents lieux.


«  Prenant à la lettre le constat que l’art est une « construction sociale » opérée par l’artiste et par ses regardeurs, et non pas une propriété appartenant à l’essence de l’œuvre, les « artistes sociologiques » se sont donné comme but de faire de sa mise en pratique le propos de leur travail – relançant ainsi la balle un peu plus loin. Hervé Fischer, Fred Forest Jean-Paul Thenot se sont efforcés d’affirmer la « fonction critique » de l’art, sa « véritable dimension sociale et symbolique ».
Nathalie Heinich, Le triple jeu de l’art contemporain, Paris, Minuit, 1998.




1983-1988

La pratique thérapeutique comme pratique artistique
Thenot a envisagé la communication au delà du concept habituel d’art, faisant basculer l’esthétique dans une forme d’éthique. Il a envisagé sa pratique thérapeutique quotidienne, à ce moment de sa vie, non pas comme une dérive de l'art ou du non art, mais comme la seule pratique artistique fiable, un authentique questionnement philosophique.


« L’ambiguité narcissique de l’utilisation de la vidéo vient du choc qu’elle installe entre la réalité et le fantasme ; par là, elle introduit le questionnement et le changement. »
Marc-Alain Descamps, Etudes psychothérapiques, n°77, Paris, 1990.





1989-1991

Videothérapie, l’image qui fait renaître
Depuis les années 1970, Thenot s'est intéressé aux techniques et notamment à la vidéo, ’il a introduit dans la relation thérapeutique en utilisant ses possibilités de visualisation et d’éveil. Pour la première fois en France il fixe dans un ouvrage un cadre théorique à une pratique des psychothérapies utilisant la vidéo, autour de trois axes principaux : la réactivation de la différenciation moi/non moi, l’élaboration de la pensée symbolique et le dispositif qui permet la projection de l’imaginaire.


Interventions géobiologiques
Lorsque la forme initiale d’un art sociologique qu’il avait contribué à mettre en œuvre n’eut plus valeur de questionnement, parce que repris dans les médias ou dans l’art, au titre de démarches participatives ou relationnelles, mais formatées et affadies, séparées de leur attitude radicale et critique, il se consacra à un mode d’expression plus profond, moins médiatisé, mais toujours lié aux phénomènes sociaux et scientifiques, à savoir travailler sur les énergies et les phénomènes invisibles, qu’ils soient telluriques ou psychiques.
Son intérêt pour ces phénomènes invisibles et énergétiques, envers la science et les systèmes de perception globale et primordiale l’a dirigé vers une sorte d’acupuncture du sol et la sensibilisation aux modes de régulation vibratoire des lieux et des habitants.


« Le dédoublement dont parle Freud à propos de l’inquiétante étrangeté se retrouve dans le face à face avec son image vidéo. Cette situation mi-fictive, mi-réelle, permet la projection de l’imaginaire »
Marc-Alain Descamps, Etudes psychothérapiques, n° 77, Paris, 1990.




1992-2004

Les phénomènes psychiques dits paranormaux
Les phénomènes dits paranormaux ont toujours suscité des opinions contradictoires, allant de l’engouement le plus inconsidéré au déni ou aux tabous les plus absolus.
Dans son ouvrage « Les sorciers face à la science : les phénomènes paranormaux, faits et preuves ». Il prend en compte l'holographie et certains concepts de la physique quantique qui sous-tendent toute la science contemporaine et portent les germes d'une immense révolution culturelle à venir. Certaines hypothèses permettent de mieux comprendre certains phénomènes psychiques considérés comme paranormaux,comme la voyance ou la télépathie, en se basant sur des expérimentations effectuées en laboratoire et des explications scientifiques. Ce travail remet en question les façons traditionnelles de penser. En pointant des analogies entre la matière et l'esprit, cela ouvre la psychologie à une autre compréhension de la conscience et l’art à de nouvelles perspectives.


« Ses promoteurs présentent le livre de Jean-Paul Thenot comme une réponse à « Devenez sorciers, devenez savants », l’imposture lamentable de Charpak et Broch pour diffamer les scientifiques non membres du parti officiel. Réponse bienvenue !et légèrement touffue : près de 600 pages où sont présentés en cascade les travaux de Bohm, Pribram, Sheldrake, Dutheil, Dumas, Chauvin, Flammarion, Einstein, Freud, Jung, Targ, Tart, etc. Un nouveau Matin des magiciens ! »
Patrice van Eersel,  Nouvelles Clés, Paris, été 2004.


2005-2007

Esthétique du Tao
Jean-Paul Thenot initie une réflexion qu'il qualifie d'esthétique du Tao. Il montre comment par la pratique et l’utilisation de métaphores, d’archétypes et d’exercices personnels, on peut déboucher sur un questionnement philosophique au service d'une ontologie du virtuel et d’une poétique de l'être.
L’esthétique du Tao, c’est montrer ce qu’on ne voit pas, prononcer ce qu’on n’entend pas, ressentir ce qui n’apparaît pas. C’est éveiller l’homme à une révolution de sa sensibilité et souligner l’intérêt que l’on porte, en tant que conscience, à sa présence dans le monde, qu’elle soit physique, énergétique ou spirituelle.

Réédition des Cent lectures de Marcel Duchamp
« L’édition s’enrichit du contexte sociocritique qui était celui de l’art sociologique, au moment de la réalisation de l’intervention et d’un court essai qui, au delà d’une analyse succincte des réponses, met en évidence des aspects particuliers de Duchamp, sa stratégie de l’écart, son intérêt constant porté au jeu d’échec ainsi que son questionnement non seulement sur l’œuvre et sur l’art mais sur la place de l’œuvre et sur la place de l’art. »
Guy Jungblut Préface à la nouvelle édition, 2006.


« Le travail de Thenot se situe dans cet espace nouveau de l’activité artistique avec toutes les contradictions et ambiguïtés que cela comporte. Son propre itinéraire insiste sur la valeur de communication, sur l’effet de retour de ses sondages et leurs qualités thérapeutiques et sur la rigueur sociologique. Il entend donner une cohérence à ces différentes fonctions. »
Jean-Marc Poinsot, « Les enquêtes de Thenot, art ou sociologie, » in Opus International n° 55, Paris, 1975.




2008-2009

Ghosts of Art Signatures
Le nom, la signature de l’artiste, comme marque de fabrique est devenu le seul référent du marché. La signature, c’est n’importe quelle œuvre, mais c’est aussi toutes les œuvres de la marque, ainsi que la mémoire imaginaire et reconstructrice que nous attachons à l’une de ses œuvres car quand  nous en parlons, nous parlons en fait de tout autre chose.
Parfois l’artiste est devenu un fétiche et sa signature un logo à l’égal de n’importe quelle marque de soda, de dentifrice, de montre, d’automobile ou de vêtement de luxe, cas où la valeur marchande de la signature compte plus que la valeur artistique de l’œuvre.
Faudrait-il encore jouer le Taon de Socrate, ou, sur l’instigation de Lichtenberg,qui écrivait : « Mettre la dernière main à l’œuvre, c’est la brûler », céder à la tentation de mettre la dernière main, non seulement à l’œuvre, mais aussi à l’art, c'est-à-dire en brûler les symboles, les faire disparaître pour les faire survivre à leur propre disparition ?
En transformant en fumée-écran les signatures des créateurs d’œuvres devenues marques et logos de marchandisation, nous adoptons une radicalité, qui la dispute à la simplicité et à la légèreté des souffles du vent, vouée au dérisoire de toute activité humaine. Incinérons, calcinons et éparpillons les symboles de la culture envolée. Les créateurs survivront à leur disparition et mythiquement leurs corps glorieux renaîtront de leurs cendres comme le Sphinx, ceux de Beethoven, Goethe ou Ravel, Magritte, Manet ou Rauschenberg…Sachons toutefois ne pas être dupes : nous n’échappons à rien et des images fugaces survivront, réelles ou potentielles, elles aussi marchandisables dans leur virtualité, sur internet ou ailleurs, bref, d’une certaine manière, mettre le feu à l’art pour en vendre la fumée …


« L’artiste utilise en fait le terme de corps glorieux pour parler de la signature de l’artiste, le signe magnifié par excellence, qui authentifie et distingue de la multitude. Pour en terminer totalement avec ce jeu de dupe, pour nettoyer les écuries d’Augias de l’art contemporain, Jean-Paul Thenot nous dévoile la méthode symbolique et radicale pour y arriver : Mettre le feu à l’art pour le purifier et pour finalement le faire renaître »
Lino Polegato, Editorial de Flux News n° 53, Liège, 2010.




2010 – 2011

Cabinet de voyance
ou L’attente de l’inattendu
L’acte de voyance répond il au souhait de Ginsberg de la nécessité d’aller « vers la transformation de soi par l’art ? » Exposer la voyance, c’est exposer notre vie, notre temps, l’écoulement à venir d’un temps potentiel et personnel ainsi que le sentiment d’exister. Dans la voyance, le regardeur est regardé, et cependant c’est lui qui contribue à faire le « tableau », mais aussi celui qui (le) sera. C’est l’acte de voyance qui consacre la personne comme tableau vivant à venir d’elle-même. « Je ne suis plus que le temps » pourra-t-elle dire comme Chateaubriand dans La vie de Rancé. «  Le temps qui d’habitude n’est pas visible, pour le devenir cherche des corps et, partout où il les rencontre s’en empare » nous rappelle Proust, qui ajoute : « Le temps est un artiste qui travaille très lentement ».
Un Cabinet d’attente de l’inattendu, autrement dit l’acte de voyance comme laboratoire esthétique où le savoir secret du passé, du présent et d’un futur potentiel circulent par le biais du langage, est une vision esthétique de la stratégie du jeu existentiel.
Le support et l’intermédiaire de ce jeu de rencontre est le traditionnel Yi King, le plus vieux livre divinatoire, le Livre des Changements, texte fondateur de la civilisation chinoise. Le seul paiement possible de cet échange ne peut être que symbolique, car toute transaction avec le temps ne peut être réglée que par de la monnaie de l’absolu.


« Comme ancien élève de Jean-François Lyotard, en tant que représentant de la post-modernité, Thenot recourt à la subversion du geste, à la remise en question des conventions, du stéréotype, de la logique partagée, en ouvrant aux énergies pulsionnelles, des espaces de connaissance dans l’œuvre et en enregistrant, au niveau individuel et collectif, dans le système de consommation d’une société globalisée, la présence de machines désirantes, l’urgence d’économies libidinales. »
Viana Conti, Jean-Paul Thenot. L’artiste et la signature: les effets d’un court-circuit” Flux News, n° 53, Liège, 2010.




2011-2012

Topographie de l’invisible ou La vie cachée des musées
En dehors des conditions reconnues d’un chef d’œuvre au sens canonique ou esthétique et des goûts et émotions subjectives il y a une troisième option qui agit : le lieu d’où l’on regarde. Si l’oest à un mauvais endroit, dégradant ou perturbant pour nos cellules, notre état physiologique et psychique s’en ressentira et notre regard pourra en être affecté. L’invisible et ses effets vibratoires nous manipule à notre insu…
Si la Joconde ou toute autre œuvre est placée face à un lieu nocif d’où les regardeurs la contemplent sera-t elle autant admirée louée et considérée comme admirable ?  Pour la santé comme pour les émotions et les sentiments éprouvés, il serait utile de savoir si la plupart des œuvres et des chefs d’œuvre de l’humanité sont bien situés, ainsi que leurs regardeurs. Mais pour cela il faudrait faire une analyse systématique des musées et des lieux où sont exposées des œuvres d’art …

Petit traité d’existence à l’usage des jeunes artistes et des amateurs d’art
Un petit vent extravagant et insensé souffle dans ce catalogue atypique qui rend compte de performances effectivement réalisées dans le champ de l’art. Certains gestes pourront apparaître politiques, absurdes, philosophiques ou obscènes, voire poétiques.
Ces actions décrites uniquement avec des mots, deviennent de petits synopsis qui parlent à chacun selon sa sensibilité et son imaginaire. Traitées comme des partitions, elles deviennent répétables et interprétables par tous, comme peut l’être une partition musicale. Les mille interventions qui constituent cet ouvrage ne manquent pas de nous questionner sur ce qu’est ou ce que prétend être l’art aujourd’hui, tant dans les motivations des créateurs, dans leurs pratiques que dans leurs conceptions du beau, du bien ou de la vérité.

Ce petit livre n’est rien d’autre, en notre temps de zapping permanent, qu’une manière ludique de pénétrer un aspect de l’histoire de l’art contemporain. A partir du numéro de chaque partition et en allant au répertoire situé à la fin de l’ouvrage, les initiés pourront reconnaître et contrôler le bien fondé de leurs connaissances, et les non spécialistes découvrir ce qu’ils croyaient auparavant impossible ou déraisonnable. Bref l’opportunité de prendre l’art au mot…

« Décrire mille interventions d’artistes et les rassembler dans un petit livre, voilà le travail auquel s’est livré Jean-Paul Thenot (Membre fondateur du collectif d’art sociologique). Définir succinctement des actions d’artistes n’est pas simple, il ne faut pas être trop long et malgré tout réussir à sauvegarder l’esprit de ces interventions. Il a réussi le pari. Les actions sont décrites et numérotées. La liste des auteurs se retrouve en colonnes serrées à la fin du livre. Un excellent test sous forme de Quiz pour tester nos connaissances. Ces mille actions se divisent, selon la volonté de l’auteur, en douze partitions qu’il nous invite à réactiver … »

 

Lino Polegato, Petit traité d’existence …, in Flux News n° 60, Liège, 2013