Signatures - 2008

Parfois l’artiste est devenu un fétiche et sa signature un logo à l’égal de n’importe quelle marque de soda, de dentifrice, de montre, d’automobile ou de vêtement de luxe, cas où la valeur marchande de la signature compte plus que la valeur artistique de l’œuvre.
Le nom, la signature de l’artiste, comme marque de fabrique est devenu le seul référent du marché. La signature, c’est n’importe quelle œuvre, mais c’est aussi toutes les œuvres de la marque, ainsi que la mémoire imaginaire et reconstructrice que nous attachons à l’une de ses œuvres car quand  nous en parlons, nous parlons en fait de tout autre chose.
Faudrait-il encore jouer le Taon de Socrate, ou, sur l’instigation de Lichtenberg, qui écrivait : “Mettre la dernière main à l’œuvre, c’est la brûler”, céder à la tentation de mettre la dernière main, non seulement à l’œuvre, mais aussi à l’art, c'est-à-dire en brûler les symboles, les faire disparaître pour les faire survivre à leur propre disparition ?